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Mon premier trail de 30 kilomètres

16-Sep-2016

L'INFERNAL TRAIL DES VOSGES

A SAINT-NABORD

32 km - 1 200 m D+ / Sept 2016
Dimanche, 7h30. Ca y est, j'ai mon dossard ! 
Au stade des Perrey à Saint-Nabord, tout est encore bien calme. 
Les 600 coureurs du 32 km s'élanceront à 9h... J'ai bien le temps d'enfiler mes manchons et mes speedcross.
L'image marquante de ce début de matinée reste l'arrivée de quelques-uns des valeureux coureurs du 200 km... Alors qu'Eric Bonnotte, le vainqueur de cette aventure, semblait encore d'aplomb hier après-midi sous l'arche d'arrivée, les traileurs que nous croisons sont terriblement marqués par la fatigue. Certains ont du mal à marcher. Et surtout, semblent rentrer seuls chez eux !
Le coup d'envoi finit par arriver. Je mange comme d'habitude ma pâte de fruit à l'abricot sur la ligne de départ. Et ça part, piano. La première côte se dévoile devant nous après deux kilomètres d'échauffement dans les rues de Saint-Nabord. Dans la fin du peloton où je suis, ça trépigne un peu et l'on monte doucement, tout doucement les 1,2 km qui signent notre entrée dans la course. la trace est étroite, beaucoup de coureurs ont des bâtons... Pas très pratique pour tenter de doubler. Alors je patiente en me disant qu'il est sans doute sage de débuter lentement. Une autre petite montée où l'on se tient à la roche et la seconde côte sérieuse s'enchaîne à la première. On m'avait tellement dit "tu vas voir, c'est très, très dur !" que je suis un peu surprise que tout aille bien... On est dans la montagne et on avance dans le sous-bois. On peut trottiner facilement et avec bonheur jusqu'à la dernière côte avant le ravitaillement. Plus tendue, plus âpre, celle-ci, elle demande un peu de courage. On sent que le peloton s'étire... Ah, je respire moi aussi, car évoluer trop proche des autres coureurs m'angoisse terriblement. 1 heure 36 de course. Le premier ravitaillement au lieu dit de "Pusieux" est ultra convivial. Sergio est là pour m'encourager. Je m'enfile deux verres d'eau et un de coca, des tucs et des chips. Et c'est reparti. Tout va bien.

 

 

 

Le second tronçon de la course est de loin le plus agréable. Quelques bosses et des pierriers pour nous rappeler à l'ordre. Mais grosso modo, ça roule. Je trottine à 6mn30 au km sur le plat. On longe souvent des rivières et on met de temps en temps les pieds dans l'eau. Les herbes folles qui envahissent le single nous chatouillent la taille. Les lumières sont douces à travers les résineux. Que c'est bon ! Il y a bien eu une montée puisqu'elle figure sur mon tracé "trace de trail"... Mais à vrai dire, je ne m'en souviens plus trop. Bref, tout cela file en un clin d'oeil jusqu'au second ravitaillement que j'atteins en 1 heure 18. Près de trois heures de course déjà au total. A Raon-aux-Bois où nous sommes attendus de pied ferme par les bénévoles de l'Infernal et pas mal de public, il y a une super ambiance. Ravito pléthorique. Je jette à nouveau mon dévolu sur des aliments salés qui semblent bien passer et me donner une bonne énergie. Je prends un peu mon temps, car je sais que le dernier tiers de la course est le plus costaud : 600 m de D+ à avaler sur 12 km. Il va y avoir de la côte...
Effectivement, une première montée à la sortie de Raon-aux-Bois nous replonge dans la montagne. Au passage, je m'arrête à une fontaine sur notre tracé pour me rafraîchir les poignées et le visage. Allez, on y va ! Je chemine depuis un moment avec un trailer à bâtons que je double en montée avant qu'il ne me dépasse à nouveau dans les descentes. Ah oui, mon point faible est bien la descente. Tout est à apprendre en technique. Et il y a encore du boulot du côté du renforcement des articulations, car depuis le 20ème kilomètre, j'ai mal au genou gauche. Impossible de me jeter dans la pente, je suis obligée de marcher. Je ne pense pas pour autant m'être blessée, car dès que c'est plat ou que ça monte, la machine fonctionne à nouveau. Alors, je vais tenir comme ça. On enchaîne au total cinq bonnes montées d'environ 1 km chacune. On sera une ou deux fois à quatre pattes dans la pente. A chaque fois, quelques coureurs décrochent : hypoglycémie ici, vomissement là, crampes là encore... La fin de la course fait des dégâts parmi les concurrents. Sincèrement, mes jambes tiennent le coup. Même si la tête lâche un peu quelquefois... Parce que dans le fond : pourquoi relancer ? On n'est pas bien là dans la forêt à écouter les oiseaux en tétant une compote pomme-banane ?

 

 

 

Le parcours s'achève avec une immense descente, parfois régulière, parfois demandant des petits sauts de biche... Pour ma part, je descends souvent sur les fesses pour préserver mes genoux. Je croise notre ami Bertrand, traileur aguerri et organisateur de courses avec sa compagne Ludivine ("Courir sur des légendes"), qui donne le coup de grâce à son 116 km. Il chemine lui aussi à petits pas. On s'embrasse et puis je repars, car j'aimerais bien boucler ma course en 5h. D'ailleurs, on entend le speaker sur le stade des Perrey saluer les finishers ! Après un dernier kilomètre en sous-bois, je retrouve le soleil brûlant dans les rues de Saint-Nabord. Les derniers 500 mètres aux abords du stade sont supers, car des spectateurs nombreux se sont massés là pour applaudir les coureurs abîmés, mais heureux. Je passe l'immense arche d'arrivée en 5h03 avec Ysée. Je finis 64ème femme sur 99. Ah, ça y est, je crois que je suis une vraie traileuse !

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