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L'essence de l'ultra-trail est une femme

24-Jan-2017

 

ULTRA-TRAIL - Rencontre avec Murielle Bourbao, 3ème de l’UMNT 2016

 

Elle est l’une de la poignée de femmes qui a osé braver les 220 km et 11 000 m de D+ de l’Infernal Trail des Vosges en septembre dernier en Lorraine. Une course introspective à souhait qu’elle a bouclé en 48h et 17 mn se classant 2ème féminine et 34ème au scratch sur 82 participants. A part ça ? Murielle Bourbao vous dira probablement qu’elle est une femme comme les autres. Une maman de trois enfants, ingénieur en mécanique de formation (« un truc d’homme quand même ! » souligne-t-elle), qui à part une légère exaspération pour les runnings de couleur rose, se sent bien dans ses baskets dans le milieu encore si masculin de l’ultra-trail.

 

La poésie du trail

 

Pour ma part, lorsque j’ai commencé à décliner sur « Just Runners » des interviews de coureurs de tous les horizons, c’était avec l’envie de rencontrer des diamants bruts comme elle. Simple, mais exigeante dans sa démarche. Cultivant un rapport poétique avec la course à pied sans jamais mettre complètement de côté la dimension athlétique bien présente dans les trails au long cours.
Murielle Bourbao, 43 ans, a débuté la course à pied il y a une quinzaine d’années. En dilettante d’abord, lorsque ses déplacements professionnels lui laissent un peu de temps pour fouler « un bout de route quelque part ». Après un tour du monde avec son futur époux, un déménagement de la Côte d’Azur à Sanchey tout près d’Epinal et trois maternités, sa pratique devient plus régulière. Toujours solitaire, même si parfois elle part s’entraîner avec son petit dernier dans une poussette à trois roues. L’asphalte des marathons la conduit rapidement aux chemins courbés ; sinueux et imprévisibles du trail. « Intellectuellement, le marathon m’a vite ennuyée ! On court toujours au même rythme et c’est toujours le même paysage » commente-t-elle pour mieux éclairer son parti pris. L’expérience de trois-quatre marathons acquise, avec un temps de référence de 3h36, Murielle Bourbao prend le départ d’un premier trail en 2012 avec l’appétit d’une aventurière. Ce sera le 72 km de l’Infernal Trail des Vosges qu’elle achève en 11h43 : « La course était difficile ! Mais, aller chercher les côtes me plaisait. Et être en harmonie avec soi-même et l’univers, y compris dans l’effort, c’était bien ça, ce que je recherchais ».

 

Un vrai potentiel

 

Sa performance épate son entourage. Autant qu’elle-même somme toute. Elle découvre le potentiel de son corps, dont elle n’a probablement pas encore touché du doigt les limites. « 72 km, c’est trop court » dit-elle à son mari à l’issue de la nouvelle édition de « l’Infernal » l’année suivante. En 2014, elle s’aligne ainsi sur le 160 km après une préparation sérieuse qui l’amènera à tâter des côtes dans le Jura. « Le départ était donné à 3h du matin. Je me souviens que j’avais beaucoup d’appréhension et la perspective du manque de sommeil me semblait cruelle ! » explique Murielle Bourbao qui affronte ici et là les commentaires de la communauté des runners : « Sans bâtons, tu n’y arriveras pas ! ». Qu’importe, la traileuse fait son chemin à sa manière. Lente dans les côtes, mais cavalant dans les descentes. « Je me suis rendue compte que l’on avance très bien même lorsque le corps est fatigué. D’autant que les premières heures de course de nuit ne m’ont laissé presque aucun souvenir. Psychologiquement, c’est comme si ces premiers kilomètres n’ont pas existé. La course commence lorsque le jour se lève et que j’allume la musique ». L’athlète explore un peu plus ses capacités physiques remarquables : une fois encore, elle passe la ligne d’arrivée en seconde position chez les femmes, 27ème au scratch sur les 103 classés d’une course marquée par un large lot d’abandons. Surtout, Murielle Bourbao passe l’arche d’arrivée sans blessure, ni ampoules ; l’estomac bien accroché… Et avec à nouveau la sensation que son corps peut la conduire un peu plus loin.

 

L’homme de sa vie

 

En 2016, sa seconde place au 220 km de l’Infernal Trail des Vosges hisse la traileuse sur la 3ème marche du podium de la première édition de l’Ultra Mountain National Tour piloté par Antoine Guillon. Ce résultat éloquent ne dévoile pas pour autant toutes les facettes du parcours d’athlète de Murielle Bourbao qui forme un tandem uni avec son mari, Arthur Fischer, tour à tour « fan » de sa femme ou… ultra-traileur amateur lui aussi : il a été notamment finisher du dernier Grand Raid de la Réunion.
Au-delà de leurs défis respectifs, Murielle et Arthur envisagent à l’avenir des aventures communes comme la Petite Trotte à Léon (290 km et 26 500 m de D+) ou le Tor des Géants (330 km et 24 000 m de D+), et testeront dès cette année la course d’orientation en bivouac. Pour ce duo qui a par le passé traversé les Etats-Unis à vélo, voilà une nouvelle occasion d’approfondir sa découverte du monde, ensemble cette fois-ci.

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