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Trail minéral sur le continent de Grande Canarie

28-Feb-2017

TRANSGRANCANARIA A GRANDE CANARIE
42 km – 1 200 m D+ / Fev 2017

Il y a des courses qui prennent place dans votre agenda, simplement parce qu’elles tombent bien du point de vue du calendrier familial. Je dois bien l’avouer, la TransGranCanaria, événement de la planète trail de ce début de saison 2017, s’est avant tout imposé comme un rendez-vous de premier plan pour moi parce qu’il se déroulait pile pendant les vacances scolaires. Ajoutons que Grande Canarie, l’île hôte de la course de l’archipel des Canaries, au large de l’Afrique, avait tout pour séduire en ce mois de février : climat doux, mer et montagne, et art de vivre latin.
Bref, me voilà donc en famille la semaine dernière dans le hall du parc des expositions « Expomeloneras », sur la côte sud de Grande Canarie, en train de retirer mon dossard pour ce marathon format trail, qui va me conduire de la pointe du pic de las Nieves, près de Tejeda au centre de l’île, jusqu’aux plages dorées de Maspalomas. A la veille de la course, je sais déjà que boucler ce parcours demandera un peu de détermination : 1 200 m de D+ et 2 800 m de D-. Les traileurs savent combien les descentes sont bien plus difficiles à encaisser que les ascensions. Ca tisonne vite les quadriceps ! Un coach averti croisé sur place me conseille de laisser mes speed cross au placard et de privilégier des baskets plus souples : « … sinon, tu vas y laisser tes genoux ! Tu vas voir, il y en a des pierriers… ».

 

Ho ! Hisse ! Jusqu'au pic de la Nieves

 

A 1 500 m d’altitude au camping de Garanon, il fait 5 °C ce vendredi 24 février. Il est 8h du matin. Les bus qui rallient le point de départ du trail lâchent les coureurs sur un terrain de jeu planté de pins canariens et couvert d’épines brunes. C’est plein de charme. N’empêche, on se gèle sévèrement les mains, les bras, les cuisses… Quel contraste avec les 22 °C de la plage de « los Ingles » ! Le speaker de la course fait monter doucement la pression. L’atmosphère se réchauffe. Nous sommes environ 900 à nous serrer sous l’arche de la TransGranCanaria aux côtés de Nuria Picas (3h35) et Albert Pujol Garcia (3h09), les deux Espagnols qui s’imposeront tout à l’heure dans l’épreuve.
Le coup d’envoi est donné dans une liesse cosmopolite vraiment sympa. On parle anglais, espagnol, français… Tout le monde fait un effort pour se comprendre. Après 500 mètres, le peloton s’étire pour entamer l’ascension du pic de las Nieves, mirador de l’île à 1 949 m d’altitude. Il pleut. Brume et vent aussi. Beaucoup de coureurs ont choisi de s’habiller minimaliste et de rester stoïque face aux éléments. Pour ma part, je porte un pantalon et un coupe-vent ultralégers de la marque Salomon. Devant l’ampleur de la course, je me dis que je pourrai bien prendre 5 mn tout à l’heure pour ranger deux vêtements dans mon sac à dos. D’autant que Sergio et Ysée m’attendent au ravitaillement de Tunte, 13 km plus loin et 1 000 m plus bas. J’en profiterai alors pour me délester. Pour l’heure, on crapahute sec sur un sentier accessible juste le temps de la TransGranCanaria. Il me faut 38 mn pour faire 2 km. Peu importe, ça sent bon. Il y a des brassées de mimosa et d’autres arbustes en fleurs. C’est le début du marathon et tout va bien.

 

 

Roche et pierriers

 

Difficile pour moi de poursuivre ce récit de façon chronologique tant le parcours, à vrai dire, m’a demandé de concentration. Car une fois cette montée symbolique avalée, la végétation cède le pas à un relief volcanique, un des paysages caractéristiques de Grande Canarie, labellisée réserve de la biosphère par l’Unesco. On attaque la descente. Une première semonce de 1 000 m de dénivelé négatif qui dévoile le vrai visage de ce marathon rude et minéral, qui cultivera jusque dans les derniers km une passion farouche pour la pierre : celle-ci se fait roche dans la montagne ; se déploie en pierriers aux aspérités dignes de silex ; dessine le lit d’une rivière asséchée ; signe aussi le revêtement d’anciens « chemins royaux » sur la première partie du parcours… Autant dire que le profil de la course est « technique » comme le disent sobrement les traileurs lorsqu’ils s’éclatent joyeusement les jambes !
L’autre facette de la course, c’est aussi la diversité des paysages naturels traversés, soulignée par une transition climatique franche entre la montagne et les canyons. Ici bas, la chaleur monte. A vue de nez, je dirais 27-28 °C. Le barrage et l’oasis d’Ayagaures avec sa palmeraie sonnent l’arrivée au second ravitaillement au 27ème km. Après cette belle pause (banane, jambon, bombecks et coca !), il faudra attaquer la dernière bosse avant de rejoindre Maspalomas. On évolue entre les euphorbes et d’autres cactus en fleurs. La Grande Canarie est un micro-continent : les concurrents du marathon ont gravi la montagne… Ils ont aussi traversé le Far West !

 

Dernière ligne droite

 

Bien sûr, les derniers km sont difficiles… Ma foulée s’est fortement dégradée après 4 000 m de dénivelé total. Je trébuche et ne manque pas de me ramasser sur le sol rugueux vers le 35ème km. Je me console en observant d’autres traileurs finir la course en boitillant. Les kilomètres défilent malgré tout jusqu’au dernier ravitaillement (quartiers d’orange, raisins secs et de l’eau, de l’eau, de l’eau !), aux abords de la ville. Je trottine à faible allure. A peine 7 mn au km. Pourtant, ce marathon sauvage va bien se finir, je le sens. C’est long, mais tout roule à ce tout petit rythme.
Comme nous en avons désormais pris l’habitude, je franchis la ligne d’arrivée main dans la main avec Ysée sous l’arche grandiose de la TransGranCanaria ! Sergio n’est pas loin… 7h18 de course quand même ! Je suis 656ème sur 796 finishers. Nous étions quand même 1 000 inscrits au départ.

 

Quelle préparation ?

 

Je n’ai pas l’habitude de donner des conseils techniques aux autres traileurs, ne me sentant guère habilitée pour cela. Malgré tout, j’ai compris sur cette épreuve que l’endurance n’est pas juste cette qualité que l’athlète amateur de courses au long cours cherche à optimiser. C’est vraiment la base du traileur qui doit s’attacher en parallèle à se muscler spécifiquement et à découvrir des terrains de course variés.
Pour ma part, si je me suis appuyée sur l’un des programmes élaborés par Bruno Heubi pour « l’Equipe » (promis, le stage à Reims c’est pour bientôt !), j’ai également croisé mon entraînement avec de la natation et réalisé chaque semaine une séance de préparation physique générale. Au niveau du déroulé de la course, je n’ai pas ressenti de gros coup de moins bien, en revanche, j’ai pris sur moi de manger toutes les ½ heures : des barres de céréales, de la compote de pomme, des noix de cajou, tout ce que proposaient les ravitos, mais aussi des gels Meltonic à base de miel et d’ingrédients naturels. Une vraie belle alternative pour tous ceux qui ne souhaitent pas absorber de produits chimiques.

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