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Le trail n'est pas une science exacte

20-Jun-2017

TRAIL DE LA VALLEE DES LACS A GERARDMER

55 km - 2 500 m D+ / Juin 2017

 

Voilà un moment que je n'avais pas eu l'occasion de me remettre devant mon clavier pour partager sur Just Runners un nouveau récit de course. C'est que l’apprentie traileuse que je suis avait à cœur de préparer comme il faut son challenge du milieu d'année : le 55 km – 2 500 m D+ du trail de la Vallée des lacs à Gérardmer.

 

Un rendez-vous incontournable pour les coureurs lorrains et au-delà. D'autant que cette année la manifestation est également support des championnats de France de trail avec une édition spéciale le week-end des 16 et 17 septembre. Bref, après le marathon-trail de la TranGranCanaria en février dernier, la perspective d’une première aventure « grand format » dans les Vosges m’a conduite à reprendre le chemin d’un entraînement ciselé, n’autorisant aucune sortie de route sur des courses le week-end. Quand on a de petits moyens, mieux vaut bien utiliser ses cartouches.

 

Jusqu’au lac de Blanchemer

 

Haut lieu du trail en ce début d’été, Gérardmer nous a ainsi ouvert bien grand les rives de son lac les 17 et 18 juin derniers : c’est là que le petit village du trail de la vallée des lacs a pris ses quartiers. Comme d’habitude, Sergio est à mes côtés pour me soutenir et assurer le reportage photo pour Just Runners. Nos copains, les kayakistes Amandine Lhote et Romain Marcaud, sont aussi de la partie : ce couple, que je vous ai présenté il y a quelques temps, découvre à la vitesse des athlètes de haut niveau l’art subtil du trail. Ce week-end, c’est au tour de Romain de s’aligner sur le 55 km, sa moitié assurant son ravito.
Il est déjà 9h ce samedi. It’s time to play ! Après une rapide traversée du centre-ville de Gérardmer, on aborde rapidement la montée vers la Mauselaine (400 m D+). Le peloton s'étire doucement et j'avance sans forcer... La journée va être longue et la chaleur est déjà là. Une seconde côte nous attend (250 m D+). Puis on redescend sur un sentier moelleux vers le premier ravitaillement au lac de Blanchemer. 15 km et 2h10 de course. Il y a de l’ambiance par ici. Je retrouve Sergio, ma pépette Ysée et sa copine Lili, Amandine et… Romain ! Bon sang ! Qu’est-ce que tu fous là ? Une de ses chevilles a succombé à une pierre dans la descente. Game over aujourd’hui pour cet athlète pourtant si puissant. L’entorse est sans gravité, mais elle rappelle à l’ordre. Rien n’est jamais joué d’avance en trail : la fragilité peut s’inviter sans crier gare.

 

Vers le Hohneck avec mes bâtons !

 

On enchaîne avec la plus belle partie du parcours. Une montée merveilleuse vers le Hohneck. Longue et progressive, mais qui représente quand même 700 m de D+. Amandine et Romain m’ont encouragée à utiliser mes bâtons pour avancer sereinement. On dit qu’il faut toujours tester son matériel en trail avant le jour J… Je dois bien reconnaître que c’est la première « vraie » sortie que je m’autorise avec eux… Quelle révélation ! Mes nouveaux potes, des bâtons Leki, me permettent de profiter de l’ascension en allégeant sensiblement mes jambes. Les prairies du Rainkopf, la ligne bleue-verte des crètes le long du sentier des névés, la ponctuation créée par la succession des coureurs jusqu’au gite du Hohneck… Instants géniaux où l’on ne pense à rien d’autre qu’à se fondre dans le décor. J’en oublie presque mon syndrome rotulien, qui s’est manifesté un peu plus tôt, dans une descente pourtant herbeuse aux alentours du 20ème km.

 

Ca chatouille sur la partie technique

 

Le refuge du Sotré succède au Hohneck. 27ème km et déjà 4h30 sur les sentiers. Pas tout à fait la moitié de la course. Tout va bien cela dit dans mes jambes et dans ma tête. Je refais le plein au second ravitaillement où là encore coureurs, touristes et locaux se croisent dans une atmosphère enthousiaste. Tiens, Stéphane Brogniart est là aussi, qui a jeté l’éponge un peu plus tôt ce matin sur le 85 km. Le trail n’est décidément pas une science exacte… Et il faut beaucoup de courage aussi pour savoir renoncer.
Déroulé du parcours pas à pas pour moi jusqu’à la station de ski de la Bresse, avec un genou droit bien pénible qui met mes nerfs à vif dans chaque descente. Pas question pour autant d’abandonner, car sur le plat et en montée, ça le fait. Je serre donc les dents et ne cesse de m’excuser auprès des concurrents qui doivent surfer pour me doubler. Intérieurement, je fais mes adieux à ma prévision chronométrique.
30ème km. Les choses sérieuses débutent vraiment ici : jusqu’au 42ème km, une belle partie technique se déploie jusqu’au au lac de Longemer. La montagne met les coureurs à l’épreuve dans les pierriers, sur des sentes étroites où j’hésite souvent à trottiner de peur de glisser dans le vide. Jeu de passerelles et petit passage de via ferrata… il faut sans cesse enjamber de la caillasse dodue ou rebelle, monter, redescendre – aïe, ouille ! - . On me double à la pelle ! Tant pis, je veux juste donner le coup de grâce à cette portion du parcours pour relancer la machine plus tard, là où je pourrai évoluer sans douleur. A Lispach (35ème km), je reprends du poil de la bête sur le tour du lac et le long du collet de la Mine (110 m D+ sur 1 km). Après quoi, il s’agit à nouveau de… redescendre jusqu’au lac de Longemer. Du 39ème au 42ème km, mon chrono s’affole : je mets jusqu’à 25 mn par km. Je reste philosophe, d’autant que depuis quelques temps, je transpire tellement qu’un petit escadron de mouches me tourne autour !

 

L’arche d’arrivée, bientôt

 

42ème km. 7h35 de course. J’ai pris cher sur ce dernier tronçon. Mais bon, la fin de course se profile et j’arrive assez fraîche au troisième ravito. J’en profite pour échanger avec Sergio, les filles, Amandine et Romain. La dernière hostilité du parcours attend les coureurs juste là : un bon raidillon qui se faufile droit dans le pentu (sur le parcours n°6 de la station de trail). Nous sommes nombreux à privilégier l’option « à quatre pattes » pour ne pas nous ramasser sur les derniers mètres. Devant moi, une traileuse détache malencontreusement une énorme pierre qui s’arrêtera net sur un arbre. Plus de peur que de mal !
Je me sens encore en forme pour affronter les derniers 15 km… Car à vrai dire, le 55 km en fait plutôt 57. Je m’arrache pour avaler les dernières montées sans état d’âme. Quelques portions roulantes annoncent l’arrivée prochaine. Le moral tient bon. Pourtant, il me faudra encore trois bonnes heures pour venir à bout de l’épreuve en 10h40. Preuve qu’à partir du 42ème km, mon acuité a fortement décliné. Et qu’au-delà de ma douleur au genou, mon corps a de lui-même réduit la voilure sur cette fin de course. C’est un des enseignements que j’étais venue chercher : comment ça fait de courir avec la fatigue ? Eh bien, sur cette fin de parcours, je dirais que j’ai goûté intensément chaque instant avec des jambes en pilotage automatique. J’avance en mode pépère, mais je trottine encore régulièrement et surtout, je profite du jour qui décline sur Gérardmer. Depuis 2 km, j’entends le speaker qui salue l’arrivée des braves. Ca y est, c’est à moi de passer sous la grande arche Salomon. Oh yes, me voilà finisher du 55 km du trail de la vallée des lacs ! La route du trail long et pleine de surprises et j’en ai appris des choses aujourd’hui !

 

Un grand merci à mon Sergio, Ysée, Lili, Amandine et Romain pour leur présence et leur soutien indéfectible sur le parcours ! Merci également à tous les bénévoles pour leur engagement au cours de ce week-end. Une mention spéciale pour les filles de Cœur de Runneuses : c’était sympa de vous rencontrer ! Longue vie à l’association !

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