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Une bonne tranche de trail !

11-Aug-2017

ULTRA-TRAIL - Rencontre avec Grégoire Chevignard

 

Au cas où vous ne le connaîtriez pas encore, j’avais très envie de vous présenter Grégoire Chevignard. Ce traileur amateur fait actuellement le buzz dans la « sphère runnistique » avec son récit « De mon canapé à la course à pied la plus dure du monde ». Un titre un peu long pour un témoignage qui se sirote pourtant comme un verre de rosé bien frais (ben quoi, c’est les vacances, non ?), dans la bonne humeur et avec délectation. Les chiffres sont là pour le confirmer : une vingtaine d’exemplaires de l’ouvrage se vend chaque jour sur Amazon. Pas mal pour un livre édité à compte d’auteur et qui fait son chemin uniquement grâce aux réseaux sociaux !

 

Le runner quadra lambda, cet anti-héros

 

Il faut dire qu’on tombe rapidement sous le charme du personnage qu’incarne, consentant quand même, Grégoire Chevignard. « Comment j’en suis venu à courir 250 km dans le Sahara dix-huit mois après m’être acheté ma première paire de chaussures de sport » : le sous-titre de l’ouvrage résume bien l’expérience à laquelle s’est soumis l’auteur, encore un peu étonné d’avoir réussi à boucler le marathon des Sables (MDS) au Maroc. Grégoire, « quadra lambda » comme il le dit volontiers lui-même a en effet débuté la course à pied voilà quatre ans à peine suite à un pari avec ses frangins. Après une non-préparation pour un premier 10 km, le voilà embarqué sur une préparation à reculons pour le marathon de Paris. Epreuve qu’il bouclera en 4h14 avec tout juste six mois de course à pied au compteur. Ensuite, le goût pour le running a-t-il fini par infuser ou est-ce l’appétit de découverte qui s’est imposé, Grégoire enchaînera ultras et marathons (3h39 pour le marathon de Marseille) pour finalement franchir la ligne d’arrivée du MDS en avril 2015.
Concrètement, ce que j’aime dans « De mon canapé à la course la plus dure du monde », ce n’est pas tant les exploits sportifs, que les analyses teintées d’humour que l’auteur distille dans son apprentissage express des rouages de la longue distance. Lorsqu’il pousse la porte de Décathlon pour acheter des baskets, continue de courir malgré son syndrome de l’essuie-glace, rend visite à son kiné, fait état de son addiction naissante à la course à pied… On s’y retrouve tous un peu ! La narration s’enrichit d’une très sincère touche poétique liée à l’incursion de quelques références à des auteurs-coureurs-à-leurs-heures-perdues comme Sylvain Tesson ou Haruki Murakami.

 

La Petite trotte à Léon

 

Mais dans la vie de tous les jours, Grégoire Chevignard est-il vraiment celui qu’il décrit ? Ce qu’il y a de certain, c’est que ce consultant spécialisé dans la gestion des entreprises, continue d’explorer l’ultra-trail comme un galopin. L’essentiel pour lui étant de ne pas se mettre la pression. L’an dernier, il bouclait le Tor des Géants dans les Alpes (330 km et 24 000 m D+) : « je pense que j’ai réussi à finir car j’ai abordé la course en bonne forme et non épuisé par le surentrainement ». Cette année, il prendra le départ le 28 août de la Petite Trotte à Léon, une des courses de l’ultra trail du Mont-Blanc et sans doute la plus originale avec ses 290 km et 26 500 m D+ à parcourir en équipe à l’aide d’une seule trace GPS. « J’ai l’impression de trébucher de distance en distance » commente-t-il. Plus sérieusement, il reconnaît avoir besoin de défis apportant avec eux une véritable « expérience de vie ». « C’était bien le cas pour le Tor des Géants en 2016 où avec deux à trois heures de sommeil par nuit entre les étapes pour rester sous les barrières horaires, tu découvres que tu peux continuer à avancer au-delà de ce que tu pouvais imaginer, malgré les hallucinations et les œdèmes aux jambes ».

 

 


Redoutant la routine de l’entraînement, Grégoire avoue ne suivre aucun programme : « lorsque je suis passé de mon premier marathon à l’ultra-trail de la Côté d’Or en six semaines, j’ai eu beau chercher, je n’ai trouvé aucun plan ! Et puis, il ne faut pas oublier que la course à pied est un loisir ». Pour autant, il ne s’entraîne pas si peu qu’il semble le dire et peut avoir – comme pour ses choix de course – quelques coups de folies. Pour préparer la Petit Trotte à Léon, il a ainsi fait, en juin dernier, en 60 h et sans assistance les 220 km du GR 70 reliant le Puy-en-Velay à Nîmes, la même route empruntée il y a un siècle par l’écrivain Robert Louis Stevenson… Du trail à l’écriture, voilà ouvert un bien bel univers. Deux disciplines qui appellent l’une comme l’autre tant d’humilité. Notre anti-héros le sait bien.

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