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"Bonjour, c'est Phil' à l'appareil !"

19-Nov-2017

TRAIL - Rencontre avec Philippe Propage, entraîneur de l’équipe de France de trail

Il n'aime pas qu'on le vouvoie. Et chez lui, je vous assure que le tutoiement est tout ce qu’il y a de plus naturel et plein de respect. Philippe Propage, "the coach", l'entraîneur de l'équipe de France de trail à la Fédération française d'Athlétisme est la figure paternelle par excellence pour tous les athlètes. Il et surnommé gentiment "le moustachu" ou "papa Phil'". Il faut dire que l'homme, avec sa grande dégaine, son petit accent chantant et - effectivement - son incontournable moustache noire - a tout d'un personnage d'un tome de "Des bosses et des bulles". Il reconnaît sa popularité dans le milieu. "Bon, je ne suis quand même pas le Didier Deschamps du trail !" rigole-t-il.

Pour autant, depuis la naissance des championnats du monde du trail en 2009, il coache l'élite de la discipline. Nathalie Mauclair, Sylvain Court, Adeline Roche, Lucie Jamsin ou encore Ludovic Pommeret par exemple lui font confiance au quotidien. Des athlètes, qui ont tous l’ADN des performers, mais qui trouvent auprès de Philippe Propage un petit quelque chose en plus, sûrement très-très fort si l’on en croit les confidences de ses sportifs de haut niveau ! « C’est quelqu’un de charismatique » commente la traileuse Lucie Jamsin, 2ème aux championnats de France de trail long en 2017. « Il sait être proche de ses athlètes, sans être omniprésent, ce qui lui permet de prendre en compte leur charge mentale ».

 

Dans l'intimité des athlètes

 

Eh oui, car "on entraîne un groupe et on coache un athlète" dit Philippe Propage pour résumer sa méthode. « J’aime que mes athlètes me disent tout de leur vie, car une difficulté au travail, un problème de couple… ça a forcément une incidence sur l’entraînement. Et puis, on ne peut pas les entraîner tous de la même manière : certains vivent en famille, ont des agendas professionnels bien chargés. Ils n’ont pas tous le même âge… Il faut composer avec tous ces éléments extérieurs, même si au final, ces élites auront des performances très proches ! Regardez par exemple, Nathalie Mauclair habite la Sarthe. C’est un coin de la France tout plat ! Alors quand elle prend des vacances en montagne, on en profite pour faire du dénivelé et laisser tomber la piste. Ca tombe sous le sens, même si vu de l’extérieur, le programme d’entraînement pourrait sembler déséquilibré ».

Au fait, comment devient-on la crème des coachs ? L’histoire est assez simple à vrai dire, faite d’heureux hasards et saupoudrée de passion. Footballeur amateur dans sa jeunesse, Philippe Propage laisse tomber les pelouses bien taillées pour la course à pied : « je voulais faire un sport individuel, comme ça, je n’avais à m’en prendre qu’à moi-même quant au résultat ! Le chrono, c’est lui qui impose sa hiérarchie en course à pied. Au final, j’ai trouvé qu’il y avait un esprit beaucoup plus développé dans cette discipline. Au départ d’une course, il y a 1 000 coureurs… et 1 000 gagnants sur la ligne d’arrivée ! ». De fil en aiguille, « j’ai voulu essayer de comprendre pour progresser. J’ai dévoré les magazines sur le sujet ! ». Cernant rapidement les grandes orientations de l’entraînement, il suivra les premières formations d’entraîneur de la Fédération française d’Athlétisme avec d’autres figures comme Pascal Fetizon, Bruno Heubi et Isabelle Guillot. Il prend progressivement ses marques auprès de la Fédé’ sur des courses de fond, du cross, puis sur l’ultrafond. En parallèle, il voit naître le trail dans les années 2000. « A l’époque, tous les coureurs se connaissaient, car il y en avait peu ! ».

 

L’engouement pour le trail

 

 

 

Puis… bing ! L’équipe française de trail voit le jour en 2009 à l’occasion des championnats du Monde organisés à Serre-Chevalier. « J’avais réuni des coureurs comme Thomas Lorblanchet ou Kenza Pedrero. Les nations avaient le droit d’emmener cinq athlètes, mais certaines n’en avaient qu’un comme le Népal. Aujourd’hui, je n’ai plus de difficulté pour composer les équipes et la France peut être fière de la qualité de l’organisation de ses courses d’une manière générale. C’est pour cela aussi que l’on a une élite performante ! ».

N’allez pas croire que la fréquentation de nombreuses Formule 1 du trail lui fait perdre de vue l’essentiel. Jeune retraité de la fonction publique territoriale de 58 ans, Phil’ est un insatiable de la course à pied, bénévole qui plus est à la Fédération française d’Athlétisme. Mobilisé la semaine dernière sur l’organisation du semi-marathon et du 10 km des lieues Foréziennes dans la Loire, il apprécie la convivialité des courses populaires. Il continue de s’entraîner et court le marathon « autour de 4h ». Son petit truc à lui, c’est aussi trouver sa place au milieu du peloton pour écouter les gens discuter : « Ca permet de ne pas oublier l’ABC de la course à pied, ce sport que tant de gens pratiquent aujourd’hui dans une démarche de sport-santé. Et c’est très bien ! D’autant que l’engouement pour le trail a permis de rajeunir les pelotons ». Ce week-end Philippe Propage, prenait le départ du 30 km du Sainté trail urbain de Saint-Etienne. Un coach de renom a-t-il besoin d’encouragements lorsqu’il court à son tour ? Allez Phil’ !

 

 

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Un article racontant l'histoire d'un coureur amateur juxtaposé à l'interview d'un athlète champion du monde comme Nathalie Mauclair, Bruno Heubi, Adeline Roche ou Sylvain Court... La jolie galerie de portraits de Just Runners ouvre une fenêtre sur l'univers bien personnel de coureurs de tous les horizons. Avec toujours en toile de fond cette question : "Mais pourquoi donc courez-vous ?".

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