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Au-delà du Roque Nublo

21-Mar-2018

TRANSGRANCANARIA - 65 km – 3 200 m D+ / Fév 2018 

 

13 heures et 1 minute ! C’est le temps qu’il aura fallu à la mère Belette pour relier le petit village coloré d’Artenara planté au cœur de la montagne de Grande Canarie à la cité balnéaire de Maspalomas, au pied de l’océan Atlantique. Entre ces deux points, 65 km et 3 200 m de D+. Cinq ravitaillements. Mais aussi, deux à trois terriiiiibles nausées, une infection urinaire et des maux de ventre, une bonne pelle comme une bonne blague sur un sentier poussiéreux… et, après 3h de marche à la frontale, l’arche d’arrivée ! 

 

Un nouveau format de course

 

 

Se lancer sur un trail long au sortir de l’hiver, quelle folie ! Qu’est-ce que j’aurai le temps de me répéter cette rengaine au fil de mon parcours picaresque sur les sentiers de la TransGranCanaria ! Un an après une chouette expérience sur le marathon programmé dans le cadre de cet événement estampillé Ultra-Trail World Tour, j’avais très envie de rempiler sur le tout nouveau format proposé cette année parmi un panel de courses de 17 à 265 km. Soixante cinq kilomètres : une distance idéale pour moi qui cherche à rallonger progressivement mes balades, d’autant que je prenais le départ d’un trail dont je connaissais les deux tiers du parcours. Et puis, il y avait la promesse d’aller toucher du bout de mes baskets un des points les plus hauts de l’île : le roque Nublo. 
Ce long monolithe d’origine volcanique culmine à 1 800 mètres d’altitude à proximité de Tejeda. Les coureurs l’atteignent après une belle suée dans les cailloux jusqu’à un plateau rocheux d’allure lunaire. A peine avons-nous humé le pied du géant que nous sommes invités à redescendre après un pointage de dossard. Le trail est lancé depuis 9h du matin, ce samedi 24 février. Nous avons parcouru 20 km et environ 2000 m de D+. Le second ravitaillement n’est alors pas loin du côté du camping de Garanon où ma petite famille m’attend. C’est la base de vie principale de la TransGranCanaria. J’y arrive après 4h30 de course et deux ascensions, à la fois longues et régulières. Il y a du monde pour encourager les guerriers du jour !

 

L'apprentissage par l'exemple

 

On dit souvent que la mémoire ne retient que 10 % de ce que l’on lit, 50 % de ce que l’on voit et écoute et 90 % de ce que l’on expérimente. Je jure que j’ai bien retenu la leçon que m’a donné mon corps en me faisant cadeau d’une merveilleuse cystite dès le premier tiers de la course, témoignage d’un stress, d’une fatigue et d’un manque d’hydratation évidents. Pourtant, je ne me l’explique toujours pas, ma tête a pris le dessus, suivant une courbe sinusoïdale certes, mais elle m’a permis d’aller au bout de cette grande journée de rando-course où mon cœur et mon ventre se sont pâmés devant la beauté de la montagne verte à Cruz de Tejeda avant de calancher ici et là dans la longue descente vers la petite ville de Tunte, et encore une ou deux fois après… Lasse de ne pas pouvoir m’alimenter convenablement, je décide de gérer mes nausées intrépides en me contentant de marcher à partir du 47ème kilomètre. Et dire que je pensais goûter à la paëlla sur les ravitaillements ! La seule odeur des plats cuisinées… Au secooours ! Je me contente de chips et de coca. Pas assez pour bien repartir sur le sentier désormais plutôt plat, mais parsemé de pierres. Et m… de toute façon, je ne verrai bientôt plus rien.
Les derniers kilomètres tombent néanmoins les uns après les autres tandis que la nuit s’installe. Autour de moi, nous sommes nombreux à accuser le coup. Sauf qu’il faut être honnête, les coureurs qui m’entourent achèvent pour la plupart le 125 km et ses 7 500 m de D+. Eux, ça fait environ 12h de plus qu’ils sont en transit. Nous donnons tous ensemble le coup de grâce à notre périple sous le regard bienveillant de la lune. A mon rythme de tortue, j’ai eu tout le loisir de l’observer en écoutant le cliquetis de mes bâtons de trail. Un souvenir paisible qui me réconcilie avec ma première expérience de trail nocturne l’automne dernier.
Au final, cette course, je n’en ai gardé que le meilleur. Oublié les bobos et mon chrono. Ne vous inquiétez pas, je n’ai pas pris ici ma plus jolie plume pour vous dire que je n’étais pas en forme. Plutôt pour souligner combien il est incroyable de découvrir que l’on a des ressources cachées en soi au moment où l’on pensait que tout était joué ! La magie du trail, c’est aussi ça.

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Un article racontant l'histoire d'un coureur amateur juxtaposé à l'interview d'un athlète champion du monde comme Nathalie Mauclair, Bruno Heubi, Adeline Roche ou Sylvain Court... La jolie galerie de portraits de Just Runners ouvre une fenêtre sur l'univers bien personnel de coureurs de tous les horizons. Avec toujours en toile de fond cette question : "Mais pourquoi donc courez-vous ?".

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