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Le grand méchant trail

22-Jun-2018

TRAIL DE LA VALLEE DES LACS A GERARDMER - 56 km - 3 000 m D+ / juin 2018

 

Des trails recalibrés en dénivelé. Plus de paysages, mais aussi plus de pierriers… Pour affronter les tracés ardents de la dernière édition du trail de la Vallées des Lacs, qui s’est déroulé les 16 et 17 juin à Gérardmer, il fallait avoir au moins autant de cœur que celui des nombreux bénévoles mobilisés pour ce grand rendez-vous vosgien. Moins d’un an après les championnats de France de trail, la section gérômoise de l’Athletic Vosges Entente club a mis à profit l’important travail réalisé pour accueillir cette compétition afin d’offrir aux traileurs une large déclinaison de parcours. Avec de nouveaux profils, qui en ont d’ailleurs découragé plus d’un sur les courses les plus longues. L’ultra de 90 km et 5 300 m D+ a recensé près de 30 % d’abandons avec 227 finishers. Un bilan rude également pour le trail de 56 km et 3 000 m D+, qui n’a permis qu’à 446 valeureux d’achever leur périple sur les 500 coureurs ayant pris le départ.

 

 

En passant par la Verticale du Tétras 

 

Il fallait donc avoir les jambes bien affutées pour franchir la ligne d’arrivée au lac de Gérardmer. Survivante du trail long, je dois bien dire que le cru 2018 du TVL m’a donné du fil à retordre. Premier obstacle pour ceux qui n’auraient pas compris qu’on a bien pris le départ d’un trail de montagne : la verticale du Tétras avec ses 300 m D+ sur 1,2 km au pied des pistes de ski de la Mauselaine. Une pente moyenne à 27 % histoire de faire monter l’influx nerveux ! Cet effort violent surprend quelques coureurs intrépides, qui doivent mettre le clignotant pour digérer leur hypoglycémie en haut de la montée. Après quoi, le tracé est plutôt roulant jusqu’au 1er ravitaillement du 15ème km (800 m D+) que j’atteins pour ma part en 2h25. Je prends cinq bonnes minutes pour manger sucré…. et salé. Tant que ça passe, il faut en profiter ! Une leçon retenue de la TransGranCanaria que j’ai achevée en évoluant de longues heures sans plus rien pouvoir avaler… Peut-être faute d’avoir ingurgité trop d’aliments sucrés. Mon cœur se lève encore rien que d’y penser.

 

Et soudain, le silence imposé par la montagne

 

Après le lac de Blanchemer, tout change ! Les premières heures de course calment un peu les ardeurs de papotage des uns et des autres. On rentre vraiment dans la montagne. « C’est technique ! » aiment bien dire les traileurs pour résumer la situation. Il est vrai que je marche beaucoup entre les rochers des singles étroits. « Je me trompe où tu as peur du vide ? » me dit un compagnon de route. A quoi vois-tu ça enfin ? Mains courantes et racines d’arbres, je m’accroche à tout ce que je trouve pour me rassurer… Comme un éléphant au milieu d’un magasin de porcelaine, j’avance, je glisse et parfois j’ose trottiner. Malgré tout, c’est bon d’entendre le souffle de la forêt et le ruissellement de fins cours d’eau ! 
Cette première incursion dans le « style alpin » cher au directeur de course, Marc Fegli, laisse néanmoins quelques marques. Chacun en fait le constat à sa manière le long de la longue, très looongue remontée vers le Hohneck que l’on entame depuis le lac d’Altenweiher du côté des Vosges alsaciennes. Ouh, là, là, mais c’est qu’il fait chaud en plus ! Sur la ligne de crête, on tire tous des tronches pas possibles ! Là où l’an passé, je profitais du panorama, eh bien, je mate plutôt mes baskets. J’arrive au Sotré après 6h10 de course, le second point de ravitaillement au 33ème km après 1 500 m de D+ supplémentaires. C’est là que je croise Christophe et Laurent. Finisher de la Diagonale des fous, le premier gère comme un prince le 90 km, tandis que le second lâche l’affaire sur le 56 km. Au refuge se joue la course des uns et des autres… Malgré la foule de spectateurs, d’amis, de parents et de bénévoles, certains ont les jambes définitivement coupées, la gueule de bois, le moral dans les chaussettes. C’es la dure loi du trail.

 

"Les Alpes après, ça passe tout seul !"

 

 

 

Bon, c’est pas tout, mais on a dit qu’aujourd’hui je finissais pas avant-dernière ! Alors, je me magne un peu tant que c’est roulant, d’autant qu’une seconde partie technique se profile sur environ 7 km jusqu’au 3ème ravitaillement au niveau du lac de Lispach (8h05 de course). Le même petit sentier à flanc de montagne que l’an passé avec quelques pas de via ferrata. Il reste une quinzaine de bornes. L’équivalent d’une petite sortie qui ne sera pas une balade de santé. « Allezzzz, après ça un trail dans les Alpes, ça passe tout seul ! » » nous lance un bénévole à un croisement en voyant nos têtes face à l’escalier naturel qui se profile devant nous avec ses hautes, très hautes marches de roche et de terre. Je me retiens de dire tout haut ce que je pense tout bas, car je fais la dernière partie du parcours avec Emmanuel, triathlète, qui s’était mis dans la tête d’expérimenter le trail, hi, hi ! Maintenant que je sais que j’ai passé la ligne d’arrivée en 10h56, j’en ris volontiers, mais on a quand même bien dérouillé sur les dernières montées tout en faisant tourner plein pot la pensée positive. Ainsi, le trail de la Vallée des Lacs ne se livre qu’à celui qui en veut. Un grand bravo à tous les coureurs de ce somptueux week-end dans les Vosges !

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Un article racontant l'histoire d'un coureur amateur juxtaposé à l'interview d'un athlète champion du monde comme Nathalie Mauclair, Bruno Heubi, Adeline Roche ou Sylvain Court... La jolie galerie de portraits de Just Runners ouvre une fenêtre sur l'univers bien personnel de coureurs de tous les horizons. Avec toujours en toile de fond cette question : "Mais pourquoi donc courez-vous ?".

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