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Mike Horn m'a coupé le sifflet

13-Aug-2019

TRAIL ET ULTRA-TRAIL - Trail de la Vallée des Lacs à Gérardmer – 92 km et 5 300 m D+ - le 15 juin 2019

 

Voilà plusieurs étés que je pars en vacances avec un tome des aventures de Mike Horn dans ma valise. Le dernier publié chez Pocket, « l’Antarctique, le rêve d’une vie » raconte sa traversée en solitaire et sans assistance de l’Antarctique. Un périple de 5 100 km dans des conditions extrêmes que l’explorateur suisso-sud-africain a réalisé en ski-kite, attelé à un traineau d’environ 200 kilos conduit à la force du vent… et un peu des biceps il faut bien le dire, ainsi que d’un mental inouï. Le récit de Mike Horn n’a pas la prétention de passer pour une œuvre littéraire. C’est un témoignage. Mais dont la voix honnête et directe ne laisse pas indifférent. Parce que cette histoire-là, qui sonne comme un somptueux scénario hollywoodien, c’est du vécu au format XXL. Je vous assure qu’on tombe dedans comme dans un smoothie banane-mangue sur la plage.

 

 

Enchaîner sur un compte-rendu de trail

 

« Mike Horn, voilà un homme qui a cœur de donner corps à des rêves loin des sentiers battus » ai-je pensé songeuse en refermant mon livre par une journée de paresse accablante passée sous un parasol. Me voilà bien dans le pétrin maintenant pour écrire la chronique de ma dernière course : le 90 km du trail de la vallée des Lacs à Gérardmer. Deux mois quand même que ce trail est derrière moi et en plus je viens de lire ce truc…
Concrètement, sûr que si j’attends d’être à la hauteur de Mike Horn pour m’autoriser à raconter mes aventures, je n’écrirai plus jamais. Pour autant, cette lecture ouvre le débat. J’ai toujours su que mes périples de coureuse n’avaient rien de singulier et que seule la manière dont je pouvais les raconter pouvait l’être. Même le single le plus sauvage perd un peu son aura lorsqu’il est emprunté par un troupeau de traileurs en file indienne, vous ne trouvez pas ? Cette évidence me revient en pleine figure après ces quelques heures passées dans le grand nord en compagnie de Mike Horn… Et me conduit à recentrer mon compte-rendu du trail de la vallée des Lacs sur ce bon basique : pourquoi me suis-je astreinte à un entraînement rigoureux pour participer à ce trail ? Ce qui revient finalement à tenter un p’tit quelque chose sur cette question intemporelle : « Dis-moi pourquoi tu cours ? ». Voilà un beau marronnier de journaliste, vous avez raison. Dans le fond pourtant, si les trails que nous enquillons tels des forçats de la montagne- au point de laisser perplexe un entourage non familiarisé avec cette discipline – ne sont objectivement que des « aventurettes », des épreuves balisées ne nécessitant aucun autre talent qu’une bonne condition physique et une dose de résistance à la fatigue, n’est-il pas essentiel de parler du plaisir de courir ? Et si possible celui de courir… longtemps. Ce plaisir qui tutoie l'introspection et la découverte de soi. Qui côtoie parfois de près l'impatience, la souffrance, puis le sublime.

 

Le ruban lumineux des frontales 

 

« Dis-moi pourquoi tu cours ? » Il est vrai que lorsque tu te retrouves au bord du lac de Gérardmer un peu avant 1h du matin ce vendredi 15 juin, un coupe-vent sur le dos parce qu’il fait même pas chaud, la question trouve toute sa légitimité. On est quand même 400 zozos à avoir eu l’idée de participer au grand trail de la vallée des Lacs dans les Vosges. Et puis voilà, l’heure du départ sonne. Tu mets tes jambes en route pour te hisser jusqu’à la station de la Mauselaine. C’est quand même étrange cette procession au beau milieu de la nuit. Mais rapidement, le ruban lumineux des frontales défile devant toi jusqu’en haut de la montée du tétras. Tu es un élément de ce décor théâtral. Tu te dis que c’est mieux que le cirque du Soleil d’autant que la lune est presque pleine et semble veiller sur les coureurs. Tu sais tout à coup pourquoi tu es là : pour ressentir le plaisir simple d’exister pleinement et dissoudre ta petite personne dans une nature immense. Et dire que cela ne fait que commencer : ce temps étiré à l’infini de la course qui te permet de n’être plus qu’un rythme. Là, tu te laisses envahir par la nuit et la mesure battue par tes baskets. Tu ne penses qu’à avancer jusqu’au prochain ravito. Ce n’est qu’à ce moment que la réalité reprend le dessus un bref moment. Le lever du jour approche. Le chemin, lui, est encore long. Tu sais que tout à l’heure, il te fera mal aux jambes. Aujourd’hui, tu sors de de ta zone de confort pour te fondre dans la montagne. Et ça, ne serait-ce pas un soupçon de liberté ?

 

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Un article racontant l'histoire d'un coureur amateur juxtaposé à l'interview d'un athlète champion du monde comme Nathalie Mauclair, Bruno Heubi, Adeline Roche ou Sylvain Court... La jolie galerie de portraits de Just Runners ouvre une fenêtre sur l'univers bien personnel de coureurs de tous les horizons. Avec toujours en toile de fond cette question : "Mais pourquoi donc courez-vous ?".

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